Le sexe aujourd’hui : parlons-en.


Les sujets autour de la sexualité sont, encore aujourd’hui, très tabous. Personne n’en parle ouvertement, et nous sommes généralement gênés à l’abord d’une discussion qui touche au sexe. 

Cette image a un attribut alt vide ; son nom de fichier est 0e8620363778d7fbb30284b13c12c573-e1551090808850.jpg

Pourquoi ce tabou et cette gêne ?

La première raison est culturelle. En effet, que nous soyons croyants ou non, notre société et ses mœurs sont encore très imprégnées par la religion. Et dans les religions, le sexe fait partie des péchés. Il est considéré comme une luxure. De plus, la pornographie prend de plus en plus d’ampleur et marque, notamment par ses images violentes et dégradantes envers les femmes et les relations sexuelles. Ainsi, un grand nombre de personnes associent le sexe à quelque chose de sale. 

Nous en arrivons donc au constat suivant : la sexualité est tabou et peu de gens osent en parler, alors qu’elle baigne dans des clichés et des modèles pornographiques erronés. Et nous ne sommes pas sans savoir que la sexualité est quelque chose d’extrêmement important dans la vie d’une personne.

Aujourd’hui, dès leur plus jeune âge, les adolescents font leur éducation sexuelle avec le porno.  Ces vidéos ou images sont fortes, parfois même violentes, et pleines de faux. Dans la vie de tous les jours, les femmes ne sont pas forcément épilées intégralement, elles ne crient pas comme des paons tout au long du rapport sexuel, et elles n’ont pas automatiquement un orgasme… Ovidie l’explique très bien dans Libres !, son livre contre les diktats sexuels.

Cette image a un attribut alt vide ; son nom de fichier est 0f312463beb02f234b70c24ecf799922.jpg

Les jeunes se construisent autour de ces idées, et lorsqu’ils arrivent au moment T et découvrent que tout ce qu’ils pensaient et que le déroulé qu’ils s’étaient imaginé est loin d’être la réalité, les garçons pensent qu’ils sont mauvais ou qu’ils s’y prennent mal, et les filles pensent qu’elles ont un problème ou sont anormales. 

Il est alors évident que parler de sexualité et démystifier tous ces clichés avec les jeunes est essentiel ! En plus d’une « éducation sexuelle » au collège (qui au final n’aborde que l’anatomie des deux sexes, les MST et la contraception), il faudrait instaurer des temps d’échange et de parole libre, où l’on parle du consentement, du fait que chaque être humain est différent (que ce soit son corps, ce qui lui fait du bien ou ce qu’il a déjà vécu), et où l’on démystifie les clichés et les mensonges autour des relations sexuelles. C’est notamment ce qu’a entrepris le Dr Kpote, qui fait des ateliers de prévention dans des lycées d’Ile-de-France et publie des chroniques dans le magazine Causette. Génération Q est le recueil de ses meilleures chroniques, dans lesquelles il explique que la sexualité, ça n’est pas que du cul, et que les sites pornographiques ne sont pas le reflet de la réalité.

Cette image a un attribut alt vide ; son nom de fichier est cvt_generation-q_9717.jpg

Ce que voient les jeunes dans les films pornographiques peut également constituer une angoisse pour eux. Ils se demandent s’ils vont être, eux aussi, à la hauteur, s’ils vont réussir à jouir et à faire jouir leur partenaire. Selon eux, l’orgasme est une condition sinéquanone pour une relation sexuelle réussie… Alors que dans les faits, tout ne se passe pas toujours comme prévu, mais que ça n’est pas pour autant que la relation sexuelle n’était pas agréable voire géniale ! Ce sont des sujets abordés dans la série Sex Education, sur Netflix. C’est une série pour adolescents, mais qui ose les sujets tabous et les conseils autour de la relation amoureuse et du sexe. (Même adultes, croyez-nous, on se laisse tenter… et on apprécie.)

Cette image a un attribut alt vide ; son nom de fichier est 118831601.jpg

En parlant d’orgasme, parlons de celui de la femme. Nous avons abordé le sujet dans notre précédent article sur Le Plaisir Féminin, mais nous reprenons ici le fait que la sexualité féminine est un sujet délicat, peu considéré et très peu abordé. 

Si la masturbation paraît quelque chose de naturel pour les hommes, elle est en revanche très peu pratiquée chez les femmes, car très critiquée et tabou. Alors qu’il n’y a rien de plus instructif pour se connaître soi et savoir ce qui nous fait plaisir ! Ainsi, très peu de femme savent ce qu’elles aiment, comment avoir un orgasme, ou bien de quoi est vraiment constitué leur sexe. Et nous ne sommes pas aidés par l’éducation sexuelle au collège… Nous sommes éduqués autour du plaisir de l’homme, et non celui de la femme. On ne nous a jamais parlé du clitoris en détails, de l’orgasme féminin, ou encore du consentement ! Et c’est fort dommage. 

Cette image a un attribut alt vide ; son nom de fichier est 58ed42b2b6147b9481cfd27d44a68f54.jpg

Une autre pratique qui entrave à une sexualité pleinement épanouie est celle des plans culs, ou sex friends. Il s’agit d’une personne avec laquelle nous avons fréquemment des activités sexuelles, mais sans éprouver de sentiments envers elle. On se retrouve chez l’un ou l’autre, on baise, et on repart. La relation sexuelle perd alors tout son charme, il ne s’agit que de sensations et de gestes machinaux. Autrement dit, c’est histoire de « se vider ». Pourtant, les émotions, les sentiments et la complicité sont essentiels au sexe…

On assiste là à une instrumentalisation du corps. Celui-ci ne sert qu’au plaisir technique. Voilà une dégradation des relations bien déplorable…


Le sexe est quelque chose de naturel, que tout être vivant pratique, et il n’y a pas de honte à cela. Il est plus que nécessaire de parler et de décortiquer ce sujet avec les jeunes, ainsi que de pouvoir considérer la sexualité féminine au même niveau que celle de l’homme. 

Il ne faut pas avoir peur d’en parler, et de lever les tabous. Le sexe devrait être ENFIN considéré comme quelque chose de normal !


Pour aller plus loin…

  • Jeunesse Sexuellement libérée, Thérèse Hargot : ce livre qui s’appuie sur la parole des adolescents, et qui invite à repenser l’apprentissage de la vie affective, relationnelle et émotionnelle. 
  • Les joies d’en bas, Nina Brochmann : ce petit guide du sexe féminin démystifie les idées reçues sur celui-ci, et invite les femmes à connaître leur sexe, afin d’en être fières.
  • Sexpowerment, Camille Emmanuelle : ce livre incite à se débarrasser des injonctions de la société sur les femmes, et prône le « sex-positif ».